Gaia-X : le projet d’élaboration d’un « écosystème de la donnée » européen

Source: @cigref.fr

Les ministres français et allemand de l’Économie, Bruno Le Maire et Peter Altmaier, ont dévoilé ce jeudi les contours du projet d’élaboration d’un cloud européen. Baptisé Gaia-X, ce dernier instaurerait une véritable infrastructure de données européennes. Il devrait voir le jour en 2021.

Pourquoi développer Gaia-x ? 

En conséquence de la domination mondiale des mastodontes américains et chinois sur le marché, les entreprises européennes stockent leurs données industrielles au sein des infrastructures des géants de la technologie. Cette soumission du continent européen suscite de vives inquiétudes concernant la sécurité de ces données. Et ce d’autant plus depuis l’adoption, en 2018, par les États-Unis d’une loi extraterritoriales baptisée Cloud Act qui confère à la justice américaine le droit de perquisitionner les données – présentent dans le monde entier – si ces dernières sont hébergées par une entreprise américaine. 

Ainsi, pour donner aux entreprises européennes la possibilité de stocker plus facilement leurs données sur le territoire, sans craindre leurs transferts à l’étranger : Gaia-X vise à créer une véritable coopération entre les acteurs européens existants. 

 

Les ministres Français et Allemand de l’économie : Bruno Le Maire (à droite) et Peter Altmaier (à gauche). @REUTERS

Peter Altmaier : “ Les informations pourront circuler sans difficulté entre les acteurs économiques pour augmenter leur performance et créer de nouveaux services”.

Ses objectifs :

  • La reconquête de la souveraineté numérique de l’Europe ; 
  • Assurer la sécurité des données des entreprises du territoire

En ce sens, le 4 juin dernier, les 22 entreprises participantes (11 allemandes et 11 françaises) officialisent l’organisation dans laquelle elles se sont rassemblées pour fournir un cadre à Gaia-X. 

Tous les membres de ladite organisation s’engagent à suivre les principes suivants :

  • Garantir la souveraineté des données, leur disponibilité, leur interopérabilité, leur portabilité,
  • Promouvoir la transparence.

 

Une volonté de favoriser l’interopérabilité et la portabilité

→ L’interopérabilité c’est la possibilité de communication entre les systèmes. Dans le projet on la retrouve au travers de la création d’un référentiel qui recense l’ensemble de services. 

→Le principe de portabilité, a quand à lui pour objectif de faciliter l’échange et le partage de données au sein de l’écosystème. 

“Un client pourra facilement stocker ses données chez un fournisseur A et utiliser les services proposés par un fournisseur B”, résume Cédric Prévost, directeur solutions cloud de confiance chez Orange, à L’Usine Digitale.

 

Un objectif de transparence 

Les entreprises recensées devront déclarer où sont stockées les données et où sont implantés les centres data. Elles devront également préciser si elles sont soumises à des réglementations types, (comme le RGPD ou le Cloud Act américain), et informer leurs standards d’opération.

Cette transparence a pour objectif de permettre aux clients de pouvoir rechercher le fournisseur adéquat selon les critères qui les intéressent via un moteur de recherche.

 

La mise en place de cette infrastructure européenne de données, n’a pas pour objectif de concurrencer les pré-existantes. En effet, la volonté première est celle de travailler en commun sur la création d’un écosystème européen qui permettrait aux entreprises européennes d’éviter de stocker leurs données chez les géants américains et chinois. 


Sources :